LE REJET


Souffle mon grand amour béant sur les cœurs ouverts, rugissants, à la longue !
On en réduit l’espace, entre ta poitrine et la mienne, il ne restera à peine plus qu’une allonge.
Ecarlate épiderme, je rêve que ta chair nue palpite et s’invite, comme inconnue, sous les paumes.
Mais un volte-face encore ferme efface les traces ternes, en vase clos, de mes fantômes.

Le rejet c’est comme une altitude,
Le reflux d’une autre incertitude,
Encore un voyage dans l’enfer des corps qui renoncent,
L’instant arrière quand la peau s’éprend d’une ronce.

Souffre, mon grand détour, de l’absence austère d’artifice, à la longue !
On étend la fosse commune, entre nous les fulgurances n’ont plus d’emprise sur les secondes.
Transparent dans les recoins, j’attends que tes mains claires rallument les univers restreints.
Car dans cet hémisphère, il n’y a plus que ta chair nue, pour accomplir la boucle du mien.

Le rejet devient une habitude,
Le retour d’une blême certitude,
Peut-être un sursaut dans l’envers des artères qui dénoncent,
L’instant arrière quand la peau s’éprend d’une ronce.
Le rejet c’est comme une altitude,
Le reflux d’une autre incertitude,
Un voyage amer dans l’enfer des corps qui renoncent,
L’hémorragie claire d’un cœur toujours épris d’une ronce.

Le rejet, à mes pulsions, ta répulsion, assassine,
Le rejet, à la réflexion, ta répulsion, nous replonge en abîmes
Le rejet, à mes pulsions, ta répulsion, nous dévore
Le rejet, à la réflexion, ta répulsion nous a laissé pour morts.